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Publié le: 06/06/2017

De quoi l’Alsace sera-t-elle encore le nom ?

Veuillez trouver le communiqué de presse de Frédéric Bierry, Président du Conseil Départemental du Bas-Rhin, concernant le futur de l'identité de l'Alsace.

De quoi l’Alsace sera-t-elle encore le nom ? © 8;#DR

Ce vendredi 2 juin à l’occasion de son Assemblée Générale, l’Agence Culturelle d’Alsace (ACA) dont les Départements du Bas-Rhin et du Haut-Rhin sont partenaires depuis 40ans a modifié ses statuts pour s’étendre à l’échelle du Grand Est à la demande de la Région. La perte d’identité, de pertinence et de cohérence, mais aussi et surtout de proximité induite par ce choix ne nous parait pas acceptable. C’est pourquoi les Départements du Bas-Rhin et du Haut-Rhin ont voté contre cette modification.

L’Agence Culturelle d’Alsace a une Histoire. Elle a été mise en place par Guy SAUTTER, elle a été voulue parce qu’à l’échelle de l’Alsace nous portons une culture, un patrimoine. Nous portons une cohérence. Le choix de Sélestat pour son implantation visait d’ailleurs à traduire cette cohérence et logique géographique. Comme le rappelait Adrien Zeller à l’occasion du 30ème anniversaire de l’Agence Culturelle d’Alsace en novembre 2006, l’ACA est fille de la première charte culturelle régionale signée en France. Elle a été l’une des premières manifestations de la décentralisation culturelle dans notre pays.

Il aurait été possible de développer des outils similaires en Lorraine et en Champagne-Ardenne sans priver l’Alsace de cet outil efficace et pertinent à l’échelle qui était jusqu’à présent la sienne. Pourquoi soustraire au lieu d’additionner ? Nous nous inquiétons du mouvement similaire que pourraient faire le Bureau Alsace à Bruxelles et l’Agence d’Attractivité d’Alsace qui eux aussi pourraient prochainement adopter le périmètre de la grande région.

Ces décisions qui tendent à faire disparaître l’Alsace aussi bien des noms, que des périmètres d’action, mais aussi à priver notre région d’outils installés et nécessaires à son développement ne sont pas sans faire écho à la disparition de notre région des livres d’histoire, des plaques minéralogiques, des sites touristiques de réservation en ligne mais aussi de temps forts et fondamentaux pour notre économie et nos producteurs comme le salon de l’agriculture à Paris.

A l’occasion des élections régionales de décembre 2015 nous avons été un grand nombre d’alsaciens, citoyens et élus locaux à apporter notre soutien à Philippe RICHERT. Certes car il représentait les valeurs de la droite et du centre mais aussi et surtout car il s’engageait à ce que cette réforme subie et imposée se cantonne à une organisation administrative et ne mette pas à mal l’Alsace dans ses atouts et ses fondamentaux : la culture, le tourisme, l’agriculture, le développement économique, la stratégie européenne…

Force est de constater un an et demi après l’entrée en vigueur de la Région Grand Est que cette promesse n’est pas tenue, et qu’à l’addition des identités et forces régionales, on préfère une dilution qui nuit à l’Alsace, à la proximité et donc à la confiance de nos concitoyens dans l’efficacité de l’action publique.

Demain, de quoi l’Alsace sera-t-elle encore le nom ? Derrière chaque disparition de cette marque forte mondialement connue et de chaque outil chargé de la porter et de la faire fructifier ce sont autant d’emplois, autant d’opportunités pour nos concitoyens, et autant de facteurs d’attractivité pour notre territoire qui sont compromis.

C’est tous le sens de la mobilisation que nous portons avec le Haut-Rhin pour rendre à l’Alsace son existence politique et institutionnelle, pour redonner à chaque Alsacienne et chaque Alsacien toutes les chances de son épanouissement et de sa réussite.

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