Vous êtes ici:
  • Discours du président lors de la séance plénière du 23 octobre 2017
Publié le: 23/10/2017

Discours du président lors de la séance plénière du 23 octobre 2017

Chers collègues, Mesdames, Messieurs,

Discours de Frédéric Bierry durant la plénière © 1;#Jonathan Sarago/ CD67

L'exigence d'exemplarité


 
 Nous sommes réunis aujourd'hui pour un temps fort de la vie de notre collectivité, puisque nous sommes appelés à débattre des orientations budgétaires du Département du Bas-Rhin pour 2018.

Nous le savons tous, et nous l'avons vu avec les élections du printemps, il y a aujourd'hui quelque chose de rompu dans notre pays : le lien de confiance. Ce lien de confiance essentiel entre les citoyens et leurs représentants. Ce lien de confiance essentiel des citoyens dans l'action publique pour consentir à l'impôt et à l'organisation de notre société.

Ce lien de confiance nous sommes persuadés que c'est par le terrain, depuis les territoires, qu'il peut et doit se reconstruire à travers une notion très simple : l'exemplarité. L'exemplarité des élus, l'exemplarité de l'action, l'exemplarité de la dépense.

Ce souci de l'efficacité de l'humain et de l'exemplarité est la colonne vertébrale de la stratégie budgétaire que nous avons construite depuis 2015. Cette volonté se caractérise par des politiques sociales et territoriales, fortes et innovantes, menées au plus près des habitants et des territoires.

 
Orientations budgétaires pour 2018


 
Nos orientations budgétaires pour 2018 confirment également notre mission centrale de premier aménageur du Bas-Rhin et de premier partenaire des communes, auprès desquelles nous sommes toujours restés présents, garants, main dans la main, de la cohésion territoriale et sociale. 

Grâce à notre trajectoire budgétaire solide et à nos efforts colossaux de réduction de nos dépenses de fonctionnement, nous avons honoré l’ensemble de nos engagements vis-à-vis des Bas-Rhinois et de nos partenaires. Les orientations budgétaires pour 2018 nous autorisent donc à fixer nos grande priorités politiques pour la deuxième partie du mandat : miser sur les atouts de l’Alsace en favorisant les dynamiques de chaque territoire ; conforter Strasbourg comme capitale européenne ; soutenir l’économie de proximité et l’attractivité touristique pour développer l’emploi ; donner aux plus fragiles et démunis une place pleine et entière dans la société ; adapter la politique de l’habitat à chaque bassin de vie et aux nouveaux modes de vie des Bas-Rhinois ; faciliter les pratiques associatives sportives, culturelles et socio-éducative ; et enfin s’appuyer sur les talents des jeunes Alsaciens et ressources de nos territoires pour construire un parcours éducatif épanouissant et adapté aux potentialités de l’espace rhénan. 

Sur l’ensemble de ces objectifs nous travaillerons collectivement pour construire concrètement leur mise en œuvre et les meilleurs moyens d’action. Vous l’aurez compris, nos orientations préfigurent un Département renforcé dans ses fondations et dans ses missions centrales et donc apte à porter une action plus large au service de l’ensemble des Bas-Rhinois et de l’attractivité des territoires, notamment avec la mise en œuvre opérationnelle des Contrats Départementaux, du Plan Actions Educatives et Collèges et du Plan Territoires Connectés et Attractifs.

 
Une exemplarité du Bas-Rhin et des territoires saluée par la cour des comptes


  
Cette justesse et cette exemplarité de notre action est saluée dans le rapport de la Chambre Régionale des Comptes dont nous vous présenterons les conclusions, mais aussi dans le rapport annuel national de la Cour des Comptes 2017 sur les finances publiques locales. Ces deux rapports mettent en avant l’efficacité et l’innovation dans l’exercice de nos missions de solidarité, notamment dans l’insertion vers l’emploi ou l’aide sociale à l’enfance. Ils saluent également notre contribution, bien au-dessus des moyennes nationales, à l’effort de redressement des comptes publics. 

Il y a aujourd’hui dans le Bas-Rhin, et plus largement dans l’ensemble des collectivités territoriales, une exemplarité à la fois dans la maîtrise des dépenses mais aussi dans la capacité à adapter le service public aux nouveaux enjeux et défis posés par le 21ème siècle, par les mutations de la société et le décrochage de certains territoires. 
Il est temps aujourd’hui que cette exemplarité, ce courage, ce travail, cette audace des territoires soit pleinement reconnue, respectée, soutenue et prise en compte par le Gouvernement. Il y a dans les territoires les germes du redressement de la France et de son sursaut : sur le plan économique, sur le plan social, sur le plan culturel, sur le plan européen.
  

Le besoin d'un véritable pacte girondin qui considère et respecte les territoires

 
C’est pourquoi nous plaidons pour un véritable Pacte Girondin entre l’Etat et les collectivités territoriales dans le cadre de la Conférence Nationale des Territoires. Il est révolu le temps des simples discussions budgétaires et des coupes massives et aveugles. 

Le Premier Ministre dans son discours d’investiture au Sénat en juillet dernier et le Président de l’Assemblée Nationale l’ont dit clairement : ce n’est pas remettre en cause l’unité de la Nation que de considérer que ce qui est juste dans le Centre, ne l’est pas forcément dans le Limousin ou en Alsace. Le Premier Ministre est même allée encore plus loin ce vendredi lors de son discours à Marseille devant l’Assemblée des Départements de France en déclarant : 

"J’aimerais qu’en 2022 nous puissions, à notre tour, dire que nous avons franchi une nouvelle étape de la décentralisation (…) où l’uniformité des organisations n’est plus la condition de l’unité de la Nation. Une étape qui laisse place, non seulement à l’expérimentation, mais à la différenciation. Une étape où de nouvelles organisations voient le jour, en se fondant à la fois sur un cadre législatif national, qui les autorise, et des initiatives locales, qui les rendent possibles. Car je sais bien que les organisations qui fonctionnent ne sont pas celles que l’on " plaque "sur les territoires, mais celles que les territoires se choisissent. (…)"

En effet, les rapports entre Etat et collectivités doivent eux aussi retrouver les chemins du respect mutuel et de la confiance. Ce que nous souhaitons c’est une discussion qui traite à la fois des questions budgétaires et du fond des politiques publiques. Une discussion qui tienne compte des spécificités et enjeux de chaque territoire. Car c’est la seule façon de permettre à chacun d’eux de pleinement s’épanouir et de livrer tous leurs potentiels, au service des citoyens et au service de la France. 

Il faut considérer à nouveau les collectivités comme le bras armé de la République qu’elles sont et non pas comme un talon d’Achille. L’heure est venue à la revalorisation des territoires. Mais aussi à la revalorisation des agents publics territoriaux. Je tiens à dire à l’ensemble des fonctionnaires territoriaux, et notamment aux 3600 agents du Bas-Rhin mon profond respect ma sincère reconnaissance. Ils incarnent au quotidien un service public humain, efficace, de qualité et responsable. Ils agissent 365 jours par an et 24h/24 pour nos concitoyens. La société doit les considérer à leur juste valeur et je tenais donc à leur rendre hommage ici.
 

L'échec de la réforme territoriale qui plaide pour l'Alsace 

 
Le Rapport de la Cour des Comptes, que l’on ne peut soupçonner ni d’autonomisme, ni de dangereuse institution identitaire, met des mots sans appel sur la réalité du terrain : la réforme territoriale de 2014 et l’avènement des grandes régions ont échoué sur les 2 objectifs fondamentaux qui leur étaient assignés : la simplification, en ne supprimant aucun échelon de collectivité et les économies, puisque ces structures génèreront des surcoûts pérennes dû aux harmonisations par le haut, et notamment sur les indemnités des agents. 

C’est pourquoi, fort de ce rapport et de ses enseignements, nous plaidons pour pousser la logique de l’exemplarité territoriale jusqu’au bout avec l’Assemblée Territoriale d’Alsace qui permettrait :

  • Une vraie simplification du millefeuille territorial par la suppression d’un niveau de collectivité et la fusion de 3 collectivités, en rassemblant au sein d’une même structure l’ensemble des compétences de la Région et des deux Départements.
  • Une gestion innovante et plus efficace des services publics, à l’image des politiques exemplaires reconnues dans le Bas-Rhin et le Haut-Rhin.
  • De véritables économies par une mutualisation à la bonne échelle d’action et de proximité, par la réduction du nombre d’élus et de structures.

Ce territoire et cette collectivité, avec près de 2 millions d’habitants et un budget qui avoisinerait les 3 milliards d’euros, alliés à l’énergie de notre société civile et de notre tissu économique, aurait pleinement moyens de la maîtrise de son destin et de sa compétitivité si on lui en laisse la chance.   

L’Alsace peut être aujourd’hui le laboratoire du Gouvernement afin d’expérimenter une organisation territoriale à la fois respectueuse des citoyens, respectueuse des deniers publics, respectueuse du service public et surtout pleinement européenne et apte à incarner la modernisation de la France. C’est la vocation que nous voulons donner à cette Startup Alsace qui est aujourd’hui obligée de tourner le dos à ce qui fait sa force, sa richesse et sa beauté. Nous voulons que l’Alsace puisse à nouveau donner à la France tout ce qu’elle peut lui apporter de dynamisme et d’ouverture sur l’Europe. 

Nous voulons une Alsace booster des atouts des territoires, qui soit un laboratoire d’innovation sociale et médicale, un hub multimodal rhénan, une terre promise pour l’innovation et les entrepreneurs, un haut lieu du tourisme avec des marqueurs forts, un fablab de l’éducation, par les talents et de l’engagement citoyen et européen. 

L’emploi et l’Europe sont des priorités absolues. C’est pourquoi nous agissons au quotidien sur ces deux chantiers fondamentaux. Avec notre plan pour l’emploi mais aussi le soutien à l’économie de proximité avec l’ADIRA ou encore notre délibération d’aujourd’hui sur la RD1083 qui permettra un meilleur accès et une meilleure attractivité du Parc d’Activités des Nations dans le Canton d’Erstein. Sur le plan de l’Europe nous développons chaque semaine nos coopérations transfrontalières ; nous participons activement au renforcement du siège du Parlement Européen ; nous travaillons à la négociation du Contrat Triennal avec nos partenaires et nous adoptons aujourd’hui une déclaration d’intention de partenariat avec le Parlement Européen et la Bavière qui montre bien la vocation de notre territoire. 

Sur ces sujets d’avenir nous aurions également tout à gagner par un gain de simplicité, avec une collectivité unique, avec une gestion en transversalité et à la bonne échelle pour le développement de notre territoire. Le développement économique a besoin de cohérence et de confiance lui aussi pour livrer tout son potentiel. Notre rôle est de faciliter la vie de ceux qui créent de l’emploi. En effaçant la marque Alsace on leur met des bâtons dans les roues, cela n’est pas acceptable.

 
Les nouveaux conseillers délégués au service d'une collectivité encore plus humaine, proche et accessible

 
Enfin, le rapport national de la Cour des Comptes salue le Bas-Rhin pour la territorialisation efficace et pertinente de ses services et le management local de ceux-ci. Ce satisfecit est particulier pour nous, car nous avons fait du territoire et de la proximité l’ADN de notre action.

Depuis 2015 la majorité départementale a travaillé en profondeur à la redéfinition, à la réorganisation et à la mise en perspective de l’ensemble de nos politiques. 

C’est ce travail fin qui nous a permis de définir de grandes lignes stratégiques et plans d’action jusqu’en 2021 : plan d’adaptation du territoire au vieillissement, contrats départementaux, plan actions éducatives et collèges, plan territoires connectés et attractifs, plan pour l’emploi, plan de lutte contre la grande précarité, assises de l’engagement…  

Afin de marquer la mobilisation et l’ambition du Département sur ces priorités et d’anticiper l’avenir sur des thématiques essentielles, afin d’agir le plus collectivement et collégialement possible et de pouvoir travailler encore davantage en équipe avec nos partenaires et les territoires, nous procédons à la nomination de Conseillers Départementaux. 

Par cette démultiplication des forces et des énergies, sans coût supplémentaire pour la collectivité, nous serons encore plus disponibles chaque jour pour être aux côtés des Bas-Rhinois, de nos partenaires et pour préparer l’avenir. 

Je veux dire ma fierté de travailler avec l’ensemble des élus de la majorité départementale. Des élus impliqués sur le terrain et dans les dossiers, engagés. Des élus qui ont développé une véritable expertise au cours des mois et des années. Il y a quelques jours nous avons accueilli ici le Congrès National des Directeurs de l’Action Sociale, tous ont loué le formidable engagement des élus alsaciens sur les questions de solidarité. Cet élargissement de la gouvernance c’est donc aussi une reconnaissance du travail et de l’engagement des élus et la volonté de rebâtir la confiance avec nos concitoyens sur le terrain avec eux. 

Chers collègues, c’est donc en collectivité sereine mais vigilante, que le Département fixera aujourd’hui ses orientations pour 2018, et au-delà pour 2021. Je vous remercie. 

 

Notez cette actualité